dimanche 26 juillet 2009

Le PAM poursuit Abdelilah Benkirane en justice

Le bureau national du Parti de Authenticité et Modernité (PAM) a décidé, lors d’une réunion tenue, mercredi 22 juillet, de poursuivre en justice le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane et l’ex-membre du secrétariat général du parti, Abdelaziz Aftati, pour diffamation.
La tension entre le parti dirigé par Mohamed Cheikh Biadillah et le parti islamiste de Abdelilah Benkirane est encore loin d’être apaisée. Lors d’une réunion du bureau national du PAM tenue, mercredi 22 juillet, le parti a décidé de poursuivre en justice le secrétaire général du PJD ainsi que l’ex-membre de ce parti à Oujda Abdelaziz Aftati. Une poursuite qui se justifie, selon Samir Aboulkacem, membre du bureau national du PAM, joint par ALM, par «les propos diffamatoires tenus par ces derniers tout au long de la campagne électorale contre les dirigeants du PAM». La poursuite contre les deux responsables du PJD aura lieu, selon M. Aboulkacem, auprès du tribunal de Rabat en ce qui concerne Abdelilah Benkirane et le tribunal d'Oujda s’agissant de Abdelaziz Aftati. La nouvelle démarche du PAM fait suite au communiqué du parti rendu public, mardi 14 juillet, indiquant que le parti a décidé d’entamer des poursuites judiciaires contre le PJD «en raison du discours de ce parti et ses positions hostiles et agressives, émaillées de diffamation et d’accusations graves à l’encontre des dirigeants du PAM». Toujours concernant Abdelaziz Aftati, M. Aboulkacem a précisé que les membres du bureau national du PAM ont débattu de la correspondance adressée par cet ex-député du PJD à l’ambassade de France à Rabat. «Les membres du bureau national du PAM se sont accordés pour affirmer que cette démarche est très dangereuse. Il s’agit de faire intervenir un Etat étranger dans les affaires intérieures du Maroc. L’attitude du PJD demeure incomprise. D’une part, ce parti se réclame être fermement attaché à l’identité nationale et au référentiel islamique et d’autre part, l’un de ses membres dirigeants se permet d’adresser une lettre à l’ambassade de France», a précisé le membre du bureau national. Samir Aboulkacem a indiqué que son parti a établi un communiqué dans ce sens, et a décidé d’adresser une lettre au Premier ministre, Abbas El Fassi et au ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, les invitant à accomplir leurs charges concernant cette affaire. Ceci dit, et loin des relations entre le PAM et le PJD, une source proche du PAM a affirmé à ALM que les membres du bureau national ont examiné, également, lors de leur réunion, les derniers développements à Marrakech, suite au limogeage du wali de cette ville, Mounir Chraïbi, dans le cadre de l’affaire de l’annulation des élections dans la circonscription de Menara. «Les membres du bureau national du PAM suivent de près les derniers développements à Marrakech. Une cellule de crise, composée de responsables régionaux et de conseillers du parti a été, ainsi, mise en place à Marrakech afin d’assurer le suivi des événements. Certes, la question relève de la compétence des autorités administratives qui doivent accomplir leur mission dans cette ville, mais il était de notre devoir de mettre fin à une alliance qui a eu lieu à Marrakech entre le pouvoir de l’argent et les autorités administratives», a indiqué cette source. Par ailleurs et toujours selon la même source, les membres du bureau national ont évoqué la question des alliances du PAM avec d’autres partis politiques. «Lors du scrutin du 12 juin, le PAM a conclu des alliances tactiques et pragmatiques qui correspondent à la nature des élections communales. Aujourd’hui, notre parti a entamé des communications avec les responsables d’autres partis politiques, afin de débattre des possibilités de coordination et d’alliances stratégiques au niveau national. Pour l’instant personne n’est exclu mais nous visons essentiellement les huit partis politiques qui ont obtenu le plus de voix lors du scrutin du 12 juin», ajoute la même source.

Abdelbari Zemzmi : «Le pèlerinage et la Omra doivent être interdits»

Abdelbari Zemzmi estime que le fait d’éviter le pèlerinage et la Omra serait conforme à la Chariâ.
ALM : Que pensez-vous de la recommandation de l’OMS ? Abdelbari Zemzmi : J’ai dit à plusieurs reprises qu’il ne suffit pas d’interdire le pèlerinage aux personnes âgées et aux enfants. Le pèlerinage et la Omra doivent être interdits cette année en raison de la pandémie de la grippe A/H1N1. L’interdiction dans ce cadre serait largement justifiable et conforme à la Chariâ. Les versets du Coran et les hadith du Prophète Sidna Mohammed sont clairs dans ce sens. Le Prophète nous a recommandé, rappelons-le, de ne pas rentrer dans un pays qui soit touché par la pandémie au même titre que les habitants de ce pays qui doivent à leur tour s’abstenir de le quitter. L’objectif de cette démarche serait de restreindre la propagation de la pandémie. Cette recommandation du Prophète correspond parfaitement à la situation actuelle. D’ailleurs, on dit qu’en Islam le fait de repousser un préjudice est toujours prioritaire. En plus, celui qui a l’intention de se rendre en Arabie Saoudite pour accomplir la Omra ou le pèlerinage aura la même récompense que celui qui l’accomplit effectivement. Les actes dépendent des intentions, comme le dit le Prophète. C’est une règle primordiale en Islam. Au cas où le pèlerinage serait maintenu, pensez-vous que son interdiction aux personnes âgées et aux enfants serait une bonne démarche? Absolument pas. ça n’a aucun sens. Les statistiques faisant état de l’expansion de la pandémie indiquent que les personnes les plus touchées par la grippe sont les jeunes et non les enfants et les personnes âgées. Cette grippe ne fait pas de distinction selon l’âge. Quelle lecture faites-vous du mutisme des ouléma de l’Arabie Saoudite ? Tout simplement parce que ces ouléma dépendent de la politique du gouvernement. Ils n’ont pas de position indépendante. Leurs «fatwas» correspondent généralement à la politique prescrite par le gouvernement. Chacun sait qu’il n’est pas de l’intérêt de l’Arabie Saoudite que le pèlerinage soit interdit vu son impact sur l’économie saoudienne. Et comme vous l’avez remarqué récemment, le Mufti de l’Arabie Saoudite a émis un avis franchement ridicule à propos de la pandémie. Il a prétendu que l’expansion de la maladie, qui a fait des centaines de morts, serait manipulée par les campagnes des médicaments afin de doper leurs ventes. Quelqu’un de sage ne serait tenir de tels propos.